National Health

National Health est l’un des derniers grands groupes de rock progressif de style « Canterbury » actif de 1975 à 1980 qui a su fusionner à merveille le rock-progressif avec le jazz-rock, dans l’esprit de Hatfield and the North et Gilgamesh dont il est issu incluant dans leurs premières compositions des parties de claviers complexes, la guitare saturée de l’excellent Phil Miller le tout agrémenté par un trio de chœurs féminins.

National Health en bref

En novembre 1973, les groupes Hatfield and the North et Gilgamesh donnent en commun deux concerts exceptionnels à Londres sous la forme d’un octet, exécutant en plus de leurs sets respectifs des arrangements spéciaux du leader de Gilgamesh, Alan Gowen. Ces performances sont à l’origine de National Health. Le projet initial des deux hommes (Alan Gowen et Dave Stewart)  est de fonder un groupe avec double guitares, doubles claviers, basse, batterie et trois chanteuses.

National Health et donc fondé en 1975, constitué à l’origine de la fusion des membres de Hatfield and the North, le groupe du claviériste Dave Stewart (attention, rien à voir avec David A. Stewart d’Eurythmics), et des membres du groupe Gilgamesh d’Alan Gowen, les guitaristes Phil Miller (ex-Matching Mole) et Phil Lee ainsi que le bassiste Mont Campbell (ex-Egg). Georgie Born (ex-Henry Cow) au violoncelle complétera la formation accompagnée régulièrement d’un grand nombre d’invités occasionnels.

Le nom du groupe vient des lunettes National Health, équivalent britannique des lunettes (moches) de la Séc.Soc. que porte Dave Stewart à l’époque.

La toute jeune formation passe l’année 1975 à répéter puis enregistre une démo aux Pathway Studios qui contient deux morceaux, « Zabaglione » de Mont Campbell et « The Lethargy Shuffle and the Mind-Your-Backs Tango » de Dave Stewart qui ne sortiront en fait que bien des années plus tard, en 1996, sur le CD « Missing Pieces ». Bill Bruford (Yes et King Crimson) qui est le premier batteur du groupe figure sur cet album constitué d’archives datant de la période de gestation du groupe. Mont Campbell est remplacé par Neil Murray auquel succède John Greaves.

National Health entreprend une série de concerts en Grande-Bretagne en février 1976 mais sans Phil Lee qui est parti peu avant. Il est remplacé par Steve Hillage et par la suite la formation se passera d’un second guitariste. Après quoi Bill Bruford rejoint Genesis pour leur tournée mondiale, remplacé par John Mitchell qui n’a finalement joué que lors d’un seul concert à Louveciennes en France.

Le batteur Pip Pyle, qui depuis la séparation de Hatfield and the North avait surtout joué du jazz en tant que musicien indépendant, se fait une joie de rejoindre ses anciens camarades.

Le premier album éponyme qui contient de longues compositions complexes surtout instrumentales sort à contre courant en 1978 en pleine ascension du punk-rock et de la new-wave. C’est désormais devenu l’un des albums les plus importants de la scène de Canterbury, contenant un mélange unique de rock, de jazz et de musique classique. Quant à la voix haut perché d’Amanda Parsons que je qualifierait de « lyrique », elle est comparable au style vocal de Sally Oldfield ou d’Annie Haslam la chanteuse de Renaissance.

En janvier 1978, Neil Murray qui rejoint le groupe de heavy-metal Whitesnake (les passerelles sont parfois surprenantes), est remplacé par John Greaves (ex-Henry Cow).

Après une tournée le groupe retourne en studio pour l’enregistrement du deuxième album Of Queues And Cures avec des invité comme Jimmy Hastings, la violoncelliste Georgie Born qui remplace John Greaves et Peter Blegvad (narrateur sur « Squarer For Maud »), entre autres…

En septembre 1978, Georgie Born se joint pour de bon à National Health avec Lindsay Cooper (ex-Henry Cow qui vient tout juste de se séparer) mais après des répétitions prometteuses ce sextet vole en éclats en raison de la décision soudaine et inattendue de Dave Stewart de claquer la porte, mécontent à la fois de l’évolution du groupe vers toujours plus d’improvisation, de la désorganisation générale et des annulations successives de concerts.

Il travaille par la suite dans le groupe de Bill Bruford sur deux albums studio.

Après une absence de deux ans, Alan Gowen rejoint National Health pour le remplacer mais le groupe de ne sort plus aucun album. Après quelques tournées en Europe au printemps 1979 et aux États-Unis à la fin de cette même année, les quatre musiciens se séparent en mars 1980, quelques jours après leur retour d’une tournée scandinave.

Lorsqu’Alan Gowen meurt de leucémie en mai 1981, Phil Miller, qui avait continué à travailler avec lui depuis la dissolution de National Health, réforme le groupe avec Dave Stewart pour une petite série de concerts et un album hommage comprenant des compositions inédites de Gowen ainsi que deux reprises de Gilgamesh sur l’album D.S. Al Coda.

Dave Stewart et John Greaves poursuivent leur carrière pop tandis que Phil Miller et Pip Pyle continuent de jouer ensemble dans un style jazz-rock absolument splendide, notamment dans In Cahoots et Short Wave.

Phil Miller et Dave Stewart collaborent une nouvelle fois sur des morceaux électroniques qui figurent sur les deux premiers albums solo de Phil Miller Cutting Both Ways (sur lequel on trouve également Pip Pyle) et un morceau sur Complete National Health.

Des albums originaux, des compositions jamais enregistrées et des documents d’archives supplémentaires sont publiés sur Missing Pieces en 1996.

En 2005 sort la compilation sous forme de coffret Dreams Wide Awake avec le même line-up que sur les albums National Health et Of Queues and Cures.

Bien plus tard le groupe de rap-metal américain Deftones  samplera  l’intro de Binoculars de National Health sur son morceau Black Moon.

Membres de National Health

Dave Stewart – Claviers
Alan Gowen – Claviers
Amanda Parsons – Chant
Phil Miller – Guitare
Phil Lee – Guitare
Mont Campbell – Basse
Bill Bruford – Batterie
Steve Hillage – Guitare
John Mitchell – Batterie
Neil Murray – Basse
Pip Pyle – Batterie
John Greaves – Basse
Georgie Born – Violoncelle
Lindsay Cooper – Hautbois, Basson, Piano

Discographie de National Health

Albums studio

1978 – National Health
1978 – Of Queues and Cures
1982 – D.S. Al Coda
1996 – Missing Pieces (archives et inédits)
2005 – Dreams Wide Awake

Albums live

2001 – Playtime (enregistrements de concerts de 1979)

Compilation

1990 – Complete (les 3 albums studio plus 2 morceaux inédits)

Achetez les albums de National Health

👉 Partagez cet article 👇 👍 🎵 🙂

2007 : Ultra Orange & Emmanuelle > Don’t Kiss Me Goodbye

2007 : Ultra Orange & Emmanuelle > Don't Kiss Me GoodbyeEcoutez cette merveille, si vous avez aimé (ou pas) l’éphémère « The Velvet Underground and Nico », parce que vous aimerez le non moins éphémère « Ultra Orange & Emmanuelle ». Le magnétisme lancinant qui se dégage des mélodies exaltées par leur amour du Velvet, nous invite à une addiction acoustique intense.

Quoi, encore une actrice qui chante du rock ? Oui mais attention pas n’importe quel rock ! On sent de suite que la voix innocente et parfois approximative de Sœur Emmanuelle nous emmène vers un garage rock à la fraîcheur troublante. Avec cet album rock typique des mythiques sixteen, vous allez remonter le temps pour le plus grand bonheur de vos oreilles et de ce qui se trouve entre. Un vrai disque de rock sans intervention commerciale des majors.

En ouvrant avec le single « Sing Sing » tourné en noir et blanc, on se jette d’emblée dans les mélodies grisantes et fascinantes des années 60, nourries par une rythmique intermédiaire.

Laissez vous troubler par les langueurs de « Simple words ».

Arrive le sublime et maussade « Rosemary’s Lullaby » à la guitare Pulp Fiction qui reprend l’air du film Rosemary’s Baby de Polanski.

Un beau petit rock rapide avec « Bunny » qui nous ballade dans les grands espaces américains.

Le nonchalant « Lines Of My Hand » nous invite à la paresse sur fond d’insouciance.

On accélère avec « Touch My Shadow » aux riffs à la Lou Reed qui laisse la voix d’Emmanuelle s’épanouir à la manière de BB.

Le mélancolique « Don’t Kiss Me Goodbye » nous ramène dans le vague à l’âme du film Le Scaphandre et le papillon entre mélodie Stones et guitares à la Bowie.

Retour à la dynamique des sixteen avec « Won’t Lovers Revolt Now » au riffs très velvet et sur laquelle Emmanuelle semble véritablement s’éclater comme Bardot sur Comic Strip.

Le nostalgique « Nobody Knows » nous teinte de vapeurs mélancoliques.

J’aime ce son 60 à l’ambiance si particulière et à la relance si évidente avec « The Good From The Bad », très bon rock limite Stones.

Laissez vous porter par le langoureux et sentimental « One Day »

On termine avec « Fairy Tale » qui nous donne envie de laisser aller à remettre le disque depuis le début.

Si Nico était une mannequin, actrice et chanteuse allemande dont la voix grave et spectrale a accompagné le Velvet, puis différents disques dont elle a été la compositrice ; Emmanuelle Seigner est une mannequin, actrice et chanteuse française dont la voix fraiche et innocente a accompagné Ultra Orange sur cet album ou elle souffle le chaud et le froid sur un ton divinement rétro.

Mais qui est « Ultra Orange » ?

Ce groupe de rock français fondé en 93, possède une formation à géométrie variable autour de son chanteur et compositeur, Pierre Émery accompagné par Gil Lesage qui nous baigne de larsen avec sa guitare à deux cordes aux sonorités distordues par les effets.

Au départ c’est une formation expérimentale avec un DJ et trois guitares électriques qui enregistre les rythmiques sur vinyle pour les confier au DJ. En 96, le premier album « Peep Show 3000 » est produit par Yarol Poupaud.

En 2001, le groupe réintègre une batterie pour leur album Snow White puis Seven Lonely Girls en 2002. En 2006, la rencontre avec Emmanuelle Seigner accouche d’une collaboration donnant naissance à Ultra Orange & Emmanuelle en 2007.

Discographie d’Ultra Orange

1996 : Peep show 3000
2001 : Snow White
2003 : Seven lonely girls
2007 : Ultra Orange & Emmanuelle

Achetez les albums

👉Partagez cet article 👇🙂 👍🎵