Dirty Sound Magnet, l’alchimie psychédélique suisse

Depuis sa formation à Fribourg en 2008, Dirty Sound Magnet s’impose comme un groupe à part sur la scène rock européenne. Le trio suisse développe un univers où le rock psychédélique, le progressif et le blues s’entrelacent avec une intensité rare. Plus qu’un simple hommage aux années 60 et 70, leur musique s’inscrit dans une démarche vivante, ancrée dans le présent, nourrie par l’expérimentation et l’énergie du jeu collectif.

Dès ses débuts, le groupe affirme une volonté d’indépendance et de maîtrise artistique. Cette approche artisanale, presque militante, façonne l’ADN du groupe et explique en grande partie la cohérence de sa discographie.

Dirty Sound Magnet

Des débuts marqués par l’exploration

À l’origine, Stavros Dzodzos, Marco Mottolini et Maxime Cosandey partagent une fascination commune pour le rock psychédélique et ses libertés formelles. Les premières productions, réalisées avec Didier Coenegracht, permettent au groupe de poser les fondations de son identité sonore. Ces albums témoignent déjà d’un goût prononcé pour les structures étirées, les atmosphères planantes et une écriture engagée.

Cette période sert de laboratoire. Elle conduit naturellement le combo à recentrer son projet autour du trio originel, privilégiant une dynamique plus brute et directe.

L’affirmation d’un son et d’une méthode

Avec Didier Coenegracht, Dirty Sound Magnet franchit un cap décisif. Enregistré dans un studio construit par le groupe lui-même, l’album revendique une production organique, loin des standards aseptisés. Le rock y devient plus tendu, plus critique, porté par des riffs incisifs et une rythmique implacable.

Les albums suivants confirment cette orientation. Transgenic puis DSM-III élargissent le spectre sonore sans jamais diluer l’impact. Les morceaux gagnent en profondeur, alternant passages hypnotiques et décharges électriques, tout en conservant une forte identité mélodique.

Dirty Sound Magnet, un groupe de scène avant tout

La dimension live occupe une place centrale dans le parcours de Dirty Sound Magnet. Le projet Live Alert, enregistré et filmé en conditions réelles, illustre parfaitement cette philosophie. Sans retouches ni artifices, le groupe expose sa musique dans ce qu’elle a de plus immédiat et viscéral.

Sur scène, le trio déploie une énergie quasi chamanique, transformant chaque concert en expérience immersive. Cette réputation s’est construite au fil de tournées européennes et internationales, confirmant Dirty Sound Magnet comme l’un des groupes rock suisses les plus percutants de sa génération.

Une trajectoire toujours en mouvement

Avec Dreaming in Dystopia et des singles récents toujours plus incisifs, Dirty Sound Magnet poursuit son évolution sans renier ses fondamentaux. Le groupe continue d’explorer, d’affiner son propos et de repousser les limites de son langage musical, prouvant qu’il est possible de conjuguer héritage psychédélique et regard contemporain.

Dirty Sound Magnet

Un nouvel album en 2026

Avec Power of This Song (Live Session), Dirty Sound Magnet rappelle que sa force première réside dans l’intensité du jeu et la sincérité de l’instant. Ce nouveau titre annonce parfaitement Me and My Shadow, attendu le 30 janvier 2026 sur Transgenic Records. Fidèle à son approche organique et immersive, le trio suisse prolonge sa trajectoire sans compromis, entre tension rock, profondeur psychédélique et énergie live maîtrisée. Une actualité qui confirme Dirty Sound Magnet comme un groupe toujours en mouvement, plus que jamais connecté à l’essence même de sa musique.

Membres de Dirty Sound Magnet

Stavros Dzodzos : Guitare, chant
Marco Mottolini : Basse, chant
Maxime Cosandey : Batterie, effets sonores, chant

Discographie de Dirty Sound Magnet

Albums studio
2009 – Activate the Magnet
2012 – What Lies Behind
2014 – The Bloop
2017 – Western Lies
2019 – Transgenic
2022 – DSM-III
2023 – Dreaming in Dystopia
2026 – Me and my Shadow

Albums live
2020 – Live Alert

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Edwàr, l’alsacien réinventé en jazz poétique

Une langue régionale comme moteur créatif

Edwàr ne se contente pas d’introduire l’alsacien dans la musique actuelle : il le réenchante. Il lui insuffle une couleur contemporaine, un groove subtil et une profondeur expressive qui dépassent largement le cadre régional. Sa musique se vit autant qu’elle s’écoute, et invite à repenser la langue dialectale comme un véritable levier créatif, affranchi des frontières culturelles et linguistiques.

À une époque où les esthétiques musicales se croisent, se déconstruisent et se réinventent sans frontières, certains artistes puisent leur élan créatif dans une histoire profondément personnelle. Edwàr s’inscrit dans cette lignée. Projet solo d’Édouard Heilbronn, auteur-compositeur-interprète alsacien installé à Strasbourg, il est originaire d’Obenheim, village du Ried alsacien où il a grandi au sein d’une famille rurale. C’est là que s’enracinent ses premiers liens avec la langue alsacienne, devenue aujourd’hui le cœur d’une œuvre singulière, à la croisée des héritages locaux et d’une expression musicale résolument contemporaine.

Edwàr - Stumbe

Un jazz poétique en alsacien

Engagé depuis plusieurs années dans une recherche artistique originale, Edwàr développe ce qu’il qualifie lui-même de « jazz poétique en alsacien ». Une expression musicale épurée, souvent en guitare-voix, enrichie de textures sonores actuelles, où la langue régionale occupe une place centrale. Loin de tout régionalisme figé ou nostalgique, son travail propose une exploration vivante : le dialecte alémanique devient matière à rythme, à mélodie et à improvisation.

Chez Edwàr, l’alsacien n’est pas un simple vecteur identitaire. Il devient un outil d’expression sensible, capable de dialoguer avec des esthétiques contemporaines, entre jazz, chanson et touches électroniques discrètes.

Du chant traditionnel au langage d’aujourd’hui

L’artiste revisite ponctuellement le répertoire rhénan. C’est le cas de Stumbe, comptine traditionnelle dont il a récemment proposé une nouvelle version. Il en conserve les premières lignes, puis en réécrit la suite, transformant ce « petit morceau » en allégorie poétique de la survie et du renouvellement de la langue. Sorti en janvier 2026, ce titre illustre parfaitement sa manière de faire dialoguer passé et présent, héritage et création.

Une présence scénique hors des cadres établis

Sur scène, Edwàr se produit en solo ou partage l’affiche avec d’autres projets. En avril 2025, il était notamment à l’Espace Django à Strasbourg aux côtés des Bredelers, figure du rock en alsacien, dans un spectacle mêlant styles et univers.

Son parcours scénique l’amène aussi à investir des lieux et des contextes variés. En août 2025, il joue pour les résidents d’un Ehpad dans le cadre du festival Au Grès du Jazz, affirmant une volonté de rendre sa musique accessible et décentralisée. Début janvier 2026, il se produit à la Maison de l’Amérique latine à Strasbourg pour présenter son univers et son single Stumbe, lors d’un concert guitare-voix intime.

Edwàr : Une démarche ouverte au-delà de l’Alsace

Si la scène alsacienne constitue le socle de son travail, Edwàr ne limite pas son horizon à une seule région. Il collabore notamment avec la musicienne Lúcia de Carvalho, artiste aux racines brésiliennes et angolaises. Une rencontre artistique et humaine qui témoigne de sa capacité à créer des passerelles entre les cultures, tout en restant fidèle à une identité musicale forte. Leur concert prévu à La Choucrouterie en avril 2026 prolonge cette ouverture sans dilution de sens.

Reportage en alsacien concernant Stùmbe d’Edwàr dans Rund Um :

Discographie d’Edwàr

Singles

2026 – Stumbe

Pour suivre Edwàr et découvrir ses créations :

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