Flying Circus, l’odyssée prog allemande

Flying Circus

Une formation entre hard rock et ambition progressive

Fondé en 1990 à Grevenbroich, en Allemagne, Flying Circus s’inscrit dans cette tradition européenne où le rock se veut à la fois puissant et intellectuellement ambitieux. Dès ses débuts, le groupe trace une ligne claire : fusionner l’énergie du hard rock avec la richesse narrative et musicale du rock progressif.

Porté par ses deux piliers historiques, Michael Dorp et Michael Rick, Flying Circus développe au fil des années une identité singulière, oscillant entre puissance électrique, envolées mélodiques et constructions complexes. Une approche qui rappelle autant les grandes heures du prog que certaines formations plus modernes cherchant à raconter des histoires en musique.

Une discographie riche et cohérente

Le groupe pose ses bases discographiques avec Seasons en 1997, suivi de Out of the Waste Land (2000), Pomp (2004) et Forth (2010). Ce dernier marque un cap important, célébrant les 20 ans du groupe avec une édition enrichie et revisitée.

Flying Circus

L’arrivée de nouveaux membres au début des années 2010 insuffle un nouvel élan créatif, concrétisé par l’EP Ones and Zeros (2013), puis par Starlight Clearing (2016), un album concept centré sur un groupe fictif des années 60. Cette dimension narrative devient alors une signature forte de Flying Circus.

Le virage conceptuel se confirme avec 1968 (2020), qui met en musique les événements marquants de cette année charnière. Le groupe continue d’explorer son propre catalogue avec une compilation revisitée (Flying Circus, 2021) et une réinterprétation de son premier album (Seasons 25, 2022).

Une approche artistique centrée sur le concept

Flying Circus n’est pas seulement un groupe de rock : c’est une machine à raconter des histoires. Chaque projet récent s’inscrit dans une logique narrative forte, portée notamment par le travail d’écriture de Michael Dorp, véritable architecte des concepts.

Cette démarche atteint un nouveau sommet avec The Eternal Moment, sorti en novembre 2025. Troisième grand album concept du groupe, il illustre leur volonté de proposer une expérience immersive, pensée comme une œuvre globale plutôt qu’une simple collection de morceaux.

Fait notable : cet album est uniquement disponible en format physique, un choix à contre-courant qui renforce son caractère d’objet artistique.

Flying Circus : Une formation solide et expérimentée

Au fil des années, Flying Circus a su stabiliser une formation expérimentée, capable d’allier virtuosité et sens du collectif. L’apport de musiciens comme Rüdiger Blömer, au profil académique impressionnant, ou Ande Roderigo, autodidacte passionné, enrichit considérablement le spectre sonore du groupe.

Le remplacement de Roger Weitz par Dietmar Berteld en 2025 marque une nouvelle étape, preuve que le groupe continue d’évoluer sans perdre son identité.

Une carrière fidèle à ses convictions

Flying CircusÀ l’heure du streaming et de la consommation rapide, Flying Circus cultive une certaine idée du rock : exigeante, narrative et profondément humaine. Entre albums conceptuels, réenregistrements et sorties live, le groupe construit une œuvre cohérente, fidèle à ses racines tout en regardant vers l’avenir.

Une trajectoire discrète mais solide, qui fait de Flying Circus un acteur respecté de la scène progressive européenne.

Quel album pour découvrir Flying Circus ?

Avec une discographie aussi cohérente que celle de Flying Circus, choisir un point d’entrée peut sembler délicat. Pourtant, un album s’impose assez naturellement : 1968 (2020).

Véritable synthèse de leur identité musicale, ce disque incarne l’équilibre parfait entre puissance hard rock, ambition progressive et narration immersive. À travers le prisme d’une année charnière de l’histoire contemporaine, le groupe déploie toute l’étendue de son savoir-faire, tant sur le plan musical que conceptuel.

Pour aller plus loin, Starlight Clearing (2016) constitue une excellente porte d’entrée complémentaire. Premier véritable album concept du groupe, il pose les bases de cette approche narrative devenue centrale dans leur carrière.

Les amateurs de sonorités plus directes pourront quant à eux se tourner vers Seasons (1997), témoignage des débuts plus ancrés dans le hard rock. À l’inverse, The Eternal Moment (2025) séduira les auditeurs déjà familiers du groupe, avec sa dimension ambitieuse et son format résolument immersif.

Au final, Flying Circus fait partie de ces formations dont chaque album éclaire une facette différente, mais 1968 reste sans doute la meilleure porte d’entrée pour en saisir toute la richesse.

Membres de Flying Circus

Michael Dorp : Chant
Michael Rick : Guitare
Dietmar Berteld : Basse
Ande Roderigo : Batterie, chant
Rüdiger Blömer : Claviers, violon

Discographie de Flying Circus

Albums studio
1997 – Seasons
2000 – Out of the Waste Land
2004 – Pomp
2010 – Forth
2016 – Starlight Clearing
2020 – 1968
2025 – The Eternal Moment

Lives
2016 – 25 LIVE
2022 – A Live History
2023 – Live im Roten Krokodil
2024 – On Tour

Compilations
2021 – Flying Circus

EPs
2013 – Ones and Zeros

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Fast Money Music : romance électrique et vertige moderne

Une identité forgée entre deux continents

Derrière Fast Money Music se cache Nick Hinman, auteur-compositeur et producteur américain installé à East London. Après avoir longtemps œuvré dans l’ombre pour d’autres artistes, il choisit de se réinventer en solo avec un projet à la fois introspectif et audacieux. Le nom lui-même, emprunté à un morceau du duo new-yorkais Suicide, joue sur un contraste volontaire : une musique sensible et habitée, dissimulée derrière une appellation presque ironique.

Fast Money Music Nick Hinman

Son écriture se nourrit d’un parcours nomade, entre San Francisco, New York, Los Angeles et Londres. Cette mosaïque géographique se retrouve dans ses compositions, pensées comme une succession de vignettes émotionnelles, où les atmosphères urbaines et les états d’âme s’entrelacent.

Bossa Supernova, la rencontre fondatrice

Avec « Bossa Supernova », il dévoile une pièce centrale de son univers. Ce titre, véritable pivot narratif de son premier album éponyme attendu le 17 avril 2026 chez Sick Records, agit comme une scène de rencontre — une “meet-cute” au sens cinématographique du terme.

Fast Money Music BOSSA SUPERNOVA

Coproduit avec Sam Petts-Davies et Mikko Gordon, le morceau capture avec finesse la dualité de l’attirance : à la fois euphorique et absurde, intense et fragile. Porté par une rythmique nerveuse et un groove entêtant, Bossa Supernova impose une énergie immédiate tout en laissant affleurer une certaine mélancolie.

Hinman décrit ce titre comme une archive exhumée, chargée d’un sentiment universel : celui de cette danse incertaine qu’est la séduction. Une métaphore de la vie elle-même, entre excitation, maladresse et vertige.

Un album collaboratif et ambitieux

Le premier album éponyme s’annonce comme une œuvre collective riche en textures. Autour de Nick Hinman gravitent des musiciens issus de formations reconnues : John Waugh et George Daniel, Jamie Reynolds et Steffan Halperin, ou encore Daniel Vildósola. Des participations d’Oliver Marson et de l’actrice Zoë Bleu viennent compléter ce casting éclectique.

Ce travail collaboratif donne naissance à un disque dense, où chaque contribution enrichit une vision globale cohérente. L’album se présente comme un kaléidoscope sonore, traversé par des influences post-punk, indie et électroniques, toujours au service d’une narration intime.

Fast Money Music : Une présence scénique en pleine ascension

Nick s’est déjà illustré sur scène, notamment à Londres et à Paris. Il poursuivra cette dynamique avec un concert prévu le 10 juin 2026 au Supersonic à Paris, confirmant une volonté de porter cette musique habitée au plus près du public. Entre tension et lâcher-prise, ses performances promettent une immersion totale dans son univers.

Conclusion

Au fond, l’artiste échappe à toute tentative de définition stricte. Projet mouvant, à la fois intime et ouvert sur le monde, il joue avec les contrastes et les perceptions. Comme le résume lui-même Nick Hinman avec une pointe d’ironie : « What is Fast Money Music? Could be fast? Could be money. Could even be music. » Une manière élégante de brouiller les pistes, tout en affirmant une liberté artistique totale — celle d’un créateur qui préfère suggérer plutôt que s’enfermer dans une case.

Fast Money Music

Nick Hinman : Chant, guitare, production

Discographie de Fast Money Music

Albums studio
2026 – Fast Money Music

EPs
2025 – Rouge

Bandcamp | Youtube